samedi 23 octobre 2010

Octobre 100 Halloween -- Mythes

VAMPIRE

Voici un autre mythe de créature surnaturelle à laquelle on ne peut échapper à l'Halloween ni au cinéma avec tous ces films nous racontant chacun leur vision de la chose.

Un vampire est une créature chimérique non-morte et non-vivante qui, suivant divers folklores et superstitions populaires, se nourrit du sang des vivants afin d'en tirer une force vitale. La légende des vampires puise ses origines dans des traditions mythologiques anciennes et l'on retrouve des êtres légendaires dotés de caractéristiques des vampires dans toutes sortes de cultures à travers le monde.

Le personnage du vampire fut popularisé en Europe au début du 18e siècle et émergea plus spécifiquement en Europe orientale, particulièrement dans les Balkans : dans les traditions folkloriques locales, les vampires étaient dépeints comme des revenants en linceul qui, visitant leur aimée, causaient mort et désolation dans le voisinage. C'est en Serbie, vers 1725 que le mot « vampire » fait son apparition. À la même époque, le bénédictin lorrain Augustin Calmet, décrit le vampire comme un « revenant en corps », se distinguant ainsi des revenants immatériels (fantômes ou esprits).

Le personnage plus charismatique et sophistiqué du vampire des fictions modernes est apparu avec la publication en 1819 du livre The Vampyre de John Polidori dont le héros mort-vivant fut inspiré par Lord Byron dont Polidori était le médecin personnel. Le livre remporta un grand succès, mais c'est l'ouvrage que Bram Stoker écrivit en 1897, Dracula, qui reste la quintessence du genre. Établissant une image du vampire toujours populaire de nos jours dans les ouvrages de fiction, même s'il est assez éloigné de ses ancêtres folkloriques dont il ne conserve que peu
des spécificités originelles.

Dans la Grèce antique, les ombres du royaume d'Hadès sont friandes du sang des victimes. Les Anciens craignaient l’errance de leur âme sur Terre s’ils n’étaient pas enterrés par leur famille ou leurs amis car le repos définitif venait de l’incinération, ce qui explique en partie le conflit concernant la sépulture refusée par Créon au cadavre de Polynice. Aristée, Platon et Démocrite soutenaient que l'âme peut demeurer auprès des morts privés de sépulture. Les âmes malheureuses et errantes se laissent alors attirer par l'odeur du sang. Les devins se servaient alors de ces âmes pour deviner les secrets et trésors. Ayant connaissance de leur présence, les hommes cherchèrent des moyens pour les apaiser ou les contrer. En Crète, selon Pausanias, on enfonçait dans la tête de certains morts un clou. Ovide aussi parlera des vampires. Théocrite évoque aussi les empuses (spectres multiformes de la nuit pouvant se muer en monstres innommables ou en créatures de rêve, aussi appelées démons de midi).

Dans l'Empire romain, on trouve la loi Jus Pontificum selon laquelle les corps ne devaient pas être laissés sans sépulture. De plus, les tombes étaient protégées contre les voleurs et ennemis. Les violations étaient considérées comme sacrilèges et punies de mort.

Au 12e siècle, les vampires étaient censés être si nombreux en Angleterre qu'ils étaient brûlés pour calmer la passion populaire. Plus tard, au 14e siècle, Herenberg cite précisément deux cas en 1337 et 1347 : les présumés coupables de vampirisme furent empalés et brûlés. De même, au 15e siècle, les épidémies de pestes sont l'occasion pour la population (surtout en Europe de l’Est) d'une véritable frénésie anti-vampire. On voit apparaître au 16e siècle, la première grande figure du vampirisme : la comtesse hongroise Élisabeth Báthory. En Moravie, l'évêque d'Olmütz, devant la multiplication des plaintes des villageois de la région, mit sur pied des commissions
d'enquêtes. Le premier cas de vampirisme attaché à un nom et étudié un tant soit peu est celui Michael Casparek, en 1718. Son cas fit l'objet d'une enquête officielle, dans son petit village de Liptov en Hongrie. Malheureusement, très peu de données ont pu parvenir jusqu'à nous. Le mot « vampire » apparaît pour la première fois en 1725, lorsqu'un rapport présente l'exhumation du récemment mort Peter Plogojowitz un paysan serbe, qui reste encore à ce jour le cas le plus célèbre de vampire historique dans le monde. Vient ensuite celui d'Arnold Paole, soldat et paysan autrichien mort en 1726 et à l'origine de deux épidémies de « vampirisme » dont la seconde, en janvier 1731, fit l'objet d'un rapport circonstancié par le médecin militaire Johann Flückinger,
généralement connu sous le titre de Visum et Repertum. Ce rapport fut abondamment repris, traduit par Dom Calmet, et fit probablement couler encore plus d'encre que le cas Plogojowitz (pour les Serbes). Le plus célèbre reste cependant Sava Savanovic. Auparavant, on parlait de « vampyr ». Un autre cas de vampirisme est celui de Johannes Cuntius de Silésie.

Le cas Báthory
La comtesse Élisabeth Báthory (ou Erzsébet), a grandement inspirée les légendes de vampires. Cette aristocrate hongroise du 16e / 17e siècle, aurait torturé et tué un nombre incertain de jeunes filles. Des légendes prétendent qu'elle tuait dans le but de se baigner dans le sang de ses victimes afin de rester éternellement jeune. Ces histoires ont été largement écartées par les historiens modernes, mais elles subsistent dans les croyances populaires. Bien qu'elle ne présente aucun signe caractéristique des vampires (elle ne boit pas le sang), elle reste pour beaucoup l'incarnation du côté aristocratique du vampire, à l'inverse des autres témoignages
qui, plus tard, porteront sur des paysans.

Vlad Tepes Dracul
Vlad III Basarab, dit Tepes (« l'Empaleur » en roumain) ou encore Draculea (Le latin draco a donné drac en roumain,"le dragon" et "le diable") est aujourd'hui fortement associé au mythe du vampire. La source de la légende est une propagande lancée à l'époque contre le prince, qui pour être sanguinaire ne l'était pourtant pas davantage que ses détracteurs contemporains. Des luttes de pouvoir de l'époque il nous reste ces écrits plus ou moins diffamatoires qui ont fait entrer Vlad III Basarab dans l'histoire. Il reste cependant connu pour l'imaginaire collectif sous le nom de Vlad l'empaleur. Ce prince de Valachie du 15e siècle, dont la réputation était sanguinaire, a inspiré Dracula, le roman de fiction de Bram Stoker, qui dépeint un vampire en Transylvanie
et au Royaume-Uni au 19e siècle. Les nombreuses reprises littéraires et cinématographiques ont fini par faire de Dracula un personnage de la culture populaire mondiale. Historiquement, Vlad était un prince chrétien orthodoxe membre de l'Ordre du dragon depuis l'adhésion de son père, Vlad II le Dragon, d'où le nom de Draco, pour Dragon.


Vaisseau fantôme

Les vaisseaux fantômes sont des navires maudits qui, selon les légendes, sont condamnés à errer sur les océans, conduits par un équipage de squelettes et/ou de fantômes, tel le légendaire Hollandais volant. Il peut aussi s'agir de l'apparition spectrale d'un navire disparu, ou naufragé dans des circonstances particulièrement dramatiques.

Par extension, en référence à ces légendes, on donne également le nom de vaisseaux fantômes aux épaves retrouvées en mer avec leur équipage mort ou disparu, parfois inexplicablement, dont le plus célèbre exemple est le brick Mary Celeste.

L'association d'une barque ou d'un navire avec les trépassés est très ancienne, il semble que la nécessité d'un passage en bateau pour rejoindre le royaume des morts soit une constante quasi universelle dans l'antiquité. Dans l'Égypte des pharaons, la barque Mésektet traversait la nuit le royaume souterrain des morts pour permettre à Rê, le dieu du disque solaire, de réapparaitre à l'aube. Dans la mythologie grecque, Charon avait pour rôle de faire traverser le fleuve des enfers (Achéron ou Styx) aux défunts pour qu'ils rejoignent le séjour des morts. Selon l'historien byzantin du 6e siècle Procope de Césarée, les pêcheurs de la côte nord de la Bretagne étaient réveillés la nuit pour transporter les âmes des morts sur une île appelée Britia, située de l'autre côté de la Manche. Plusieurs traditions sur ce thème ont longtemps perduré en Bretagne, qu'il
s'agisse de la Lestr an Anaon, du Bag er Maru, du Bag noz dont le capitaine est le premier (ou le dernier) mort de l'année, ou du navire immense qui circulait la nuit dans le golfe du Morbihan, condamné à errer jusqu'à la fin des temps avec à son bord les âmes des pires criminels.

Ces légendes de barques des morts sont-elles à l'origine du mythe? Rien de moins sûr, mais il reste vrai que l'association entre bateaux et morts préexistait dans les esprits. Les légendes de vaisseaux fantômes sont extrêmement répandues, même si le modernisme semble leur avoir porté un coup fatal. On en a recensé une centaine:

« Au nombre des légendes qui se transmettent de génération en génération chez les marins et qui se racontent tout bas aux quarts de nuit quand on navigue sous les tropiques, on peut citer la légende du Vaisseau Fantôme. Personne ne l'a vu et cependant chacun en parle et tous les marins y croient. »
« Les marins chantent à demi-voix des chansons maritimes avec cette psalmodie monotone qui caractérise les marins; d'autres se racontent des histoires mystérieuses sur le Voltigeur hollandais, le Vaisseau fantôme, qui courent les mers depuis mille ans, et autres traditions maritimes qui servent depuis longtemps de texte aux contes de bord. »
« Si l'on en croit les légendes et les traditions populaires, des flottilles de vaisseaux errants sillonnent les mers du globe avec une régularité surprenantes »

Le Hollandais volant
Le plus célèbre des vaisseaux fantômes est le Hollandais volant, parfois appelé dans le passé Voltigeur hollandais, également connu sous les noms anglais The Flying Dutchman, néerlandais De Vliegende Hollander, et allemand Der Fliegende Hollander, ce dernier étant le titre original du célèbre opéra de Richard Wagner. Il existe plusieurs versions à cette légende, la plus répandue est que le capitaine de ce brick fut assassiné par son équipage mais qu'il eut toutefois le temps de les maudire. Peu de temps après, la peste se déclara à son bord et le navire fut rejeté de tous les ports où il tenta d'accoster, par peur de la contagion. Il commença alors à errer sans fin sur les mers. « Les marins de toutes les nations croient à l'existence d'un bâtiment hollandais dont l'équipage est condamné par la justice divine, pour crime de pirateries et de cruautés abominables, à errer sur les mers jusqu'à la fin des siècles. On considère sa rencontre comme un funeste présage. »

Voici un autre mythe populaire utilisée par hollywood que ce soit dans Pirates des caraïbes (le hollandais volant commandé par Davy Jones), vaisseau fantôme et plusieurs autres films de ce genre.

1 commentaire:

Manhaelle a dit…

Super intéressant David. Belles recherches pour nous faire découvrir les mythes et légendes des vampires Bravo!